Mot du Président

Président du Congrès 2022

Dr Jean-Georges Frey

Malgré la pandémie de Covid-19 et, en dépit du gâchis pour la santé publique provoqué par la fermeture du centre valaisan de pneumologie, le congrès Quadrimed est de retour… avec un nouveau logo et un nouveau site internet.

En 2021 nous avons dû, la mort dans l’âme, annuler le congrès. A posteriori ce fut une sage décision en terme épidémique qui nous a permis d’effectuer une importante réflexion sur les différents aspects de notre événement annuel, y compris sa philosophie de base. Nous avions opté, bien avant les autres manifestations pour « less is more » et nous maintenons ce cap. Sénèque disait : étudie pour mieux savoir et non pour savoir plus.

Grâce aux soutiens des membres du comité, des secrétaires et last but not least, des conférenciers, nous avons pu organisé un congrès 2022 avec le même esprit que les années précédentes, mais avec les contraintes issues de la situation sanitaire et des nouvelles mesures de sécurité imposées par le canton. Le thème de l’infectiologie « ces petites bêtes qui nous guettent » avait été choisi bien avant la survenue de la pandémie de Covid et non par opportunisme. En effet, les  maladies infectieuses sont un domaine où les changements sont fréquents et rapides : le meilleur exemple est l’apparition des variants du Covid. La gestion de la pandémie Covid-19 a montré clairement la nécessité d’adapter constamment les stratégies de lutte contre ces infections émergentes.

Avec le réchauffement climatique, on voit apparaître dans notre pays le moustique tigre, vecteur du chikungunya. N’oublions pas le SARS dû à un autre coronavirus qui nous a  menacé il y a quelques années, sans parler d’Ebola et du syndrome  de Marburg, du virus Zika et ses malformations congénitales. Les virologues vous  diront le nombre impressionnant de virus encore mal connus, portés par les chauves-souris. Les infections bactériennes deviennent multi résistantes et  nécessitent donc une adaptation constante des traitements antibiotiques, sans compter que les pharmas investissent de moins en moins dans la recherche de nouveaux antibiotiques. Et puis, il y a les migrants et avec eux des maladies que nous connaissons mal dans notre pays comme les parasitoses, ainsi que la résurgence de maladies que nous avions tendance à oublier telle que la tuberculose. Apparaissent maintenant les traitements par immunothérapie qui ouvrent les portes à une modification des types d’infections rencontrés tant chez les patients cancéreux que  ceux souffrant de maladies chroniques telles que la polyarthrite rhumatoïde ou les maladies inflammatoires de l’intestin. Où va-t-on avec les nouvelles techniques utilisant l’ARN messager ? Cette technique est pleine de promesses. Et les nano particules commencent à se montrer dans le domaine médical.

Au début de l’épidémie de Covid-19, cela se passait loin d’ici, en Chine, et cela ne nous concernait pas. Mais, nous vivons dans un monde globalisé où tout bouge et tout change et nos vielles certitudes sont souvent balayées par des phénomènes inattendus. Il existe donc une nécessité de se tenir au courant de l’évolution de l’infectiologie pour le bien de nos patients

Je souhaite à tous les participants un congrès plaisant et enrichissant dans une atmosphère détendue.

Congrès, conférence et formation continue au-delà des frontières cantonales
Les cantons de coopération